Combat ordinaire (Le) V1
Combat ordinaire (Le)

recommandation

« Manu Larcenet est un des auteurs les plus doués de sa génération, il suffit de lire (et de regarder) "Le combat ordinaire" pour s'en convaincre. Marco est photographe, mais voilà, sa vie telle qu'elle est ne lui convient plus. Il décide donc dans un premier temps d'envoyer balader son psy, puis son boulot et enfin de fuir vers la campagne. Larcenet nous brosse donc le combat d'un homme qui divise autant qu'il rassemble. Si certains verront dans cette démarche un acte héroïque (combien oseraient tout laisser tomber pour suivre leurs envies ?), les autres y verront un abandon, une fuite pure et simple. Toujours est-il que cette pause, pour Marco comme pour nous, est très agréable (même si tout n'est pas toujours rose pour notre "héros"). Les dessins apportent un vrai plus à l'ensemble car même s'ils ne sont pas ultra-réalistes, certains sont d'une telle richesse que nous sommes obligés de stopper la lecture pour s'y attarder. C'est avec ce genre d'album que la BD s'élève au rang d'art à part entière. »

Edelric, izneo Super Reader
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Summary

Marco a quitté Vélizy pour la campagne. Il a quitté son psy parce qu'il trouve qu'il va mieux. Il a quitté son boulot de reporter parce qu'il en a marre de photographier "des cadavres exotiques ou des gens en passe de le devenir". À part ça, tout va bien. Il a un frère complice (rigolades et gros pétards) qui l'appelle Georges et réciproquement, à cause de John Malkovich qui disait dans Des souris et des hommes : "J'aurai un petit lapin et je l'appellerai Georges, et je le garderai contre mon coeur." Il a des parents au bord de la mer. Un papa tout ratatiné qui oublie le présent mais se rappelle très bien la couleur de la robe de sa mère le jour de son mariage. Une maman qui s'inquiète pour lui, sa constipation, son avenir et le cancer du poumon qu'il va sûrement choper, comme le fils de Mme Bergerin. Après une virée affectueuse (et éprouvante) chez les parents, il retrouve le silence de sa petite maison dans la verdure, et son chat (baptisé Adolf en raison d'un caractère "affirmé"), qui se fait charcuter par le gros chien d'un sale con de chasseur. À cette occasion, il rencontre Émilie, vétérinaire de son état, et un chouette petit vieux qui ramasse des mûres. Ça lui fait un amour et un ami. Mais voilà que tout se déglingue : Emilie se met à vouloir des choses angoissantes (partager avec lui une maison et un bébé), et le passé dégoûtant du gentil petit vieux émerge brutalement. Marco craque. Et puis, la cruauté et la connerie achevant de détruire son monde, il touche le fond. Ce qui lui permet de remonter. "J'ai encore pas mal de choses à éclaircir si je ne veux pas être réincarné en plaque d'égout", disait-il en évoquant ses rapports délicats avec les femmes. Il évitera la plaque d'égout : il fera juste ce qu'il faut pour retrouver Émilie. "C'est l'histoire d'un photographe fatigué, d'une fille patiente, d'horreurs banales et d'un chat pénible", écrit Larcenet. C'est aussi un scénario parfaitement maîtrisé, drôle — de cette drôlerie complice qui évite l'ironie — et tendre, en totale osmose avec un dessin hypersensible au bonheur et à la détresse. (Sans parler du chat ou d'Emilie, le moindre canapé est craquant.) Le combat ordinaire, histoire légère et bouleversante d'une renaissance, est l'album le plus personnel de Larcenet, et le meilleur — en attendant le suivant.

Dargaud


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