Esteban

Esteban est une saga maritime et initiatique dont le héros, à peine sorti de l’enfance, fera l’apprentissage du courage, de l’amitié et de la volonté. Un hommage rendu à tous les marins du monde et à tous ceux qui croient en la force des belles histoires, surtout quand elles sont tissées de légendes amérindiennes, de magie et de sorcellerie...

On respire dans cette série l’air du grand large et le parfum de l’aventure. Comme si Stevenson, Conrad et Melville s’étaient penchés par-dessus l’épaule de Matthieu Bonhomme pour inspirer son dessin. C’est un peu ce qu’il s’est passé, d’une certaine manière, puisque l’auteur a nourri son imaginaire en fréquentant ces maîtres de l’évasion. Sans oublier Henry de Monfreid et Francisco Coloane, deux de ses sources d’inspiration majeures. Esteban raconte la vie d’un orphelin de douze ans, un jeune Indien Tehuelche qui décide de se faire harponneur sur un baleinier, le Léviathan, du côté de la Terre de Feu. Une contrée rude pour les marins, mais un espace fertile en images fortes pour un conteur tel que Matthieu Bonhomme. Esteban saura se faire accepter par ses compagnons grâce à ses lancers de harpon et grâce aux histoires qu’il leur raconte, situées quelque part entre le rêve et la réalité – mais l’important n’est-il pas d’y croire ?

Aventure, poésie et imagination

Créée en 2005 dans le magazine Capsule cosmique sous le titre Le voyage d’Esteban, la série a ensuite été publiée par l’hebdomadaire Spirou et rebaptisée du seul nom de son protagoniste, personnage central de cette saga maritime si personnelle. Car la série fait bien entendu écho aux préoccupations de son auteur, à son attirance pour la mer, la Terre de Feu et la Patagonie, à son goût des épopées maritimes et des personnages forts, à l’image de ce capitaine qui tente désespérément de lutter contre l’avancée du progrès au risque de sacrifier son équipage. Né en 1973, Matthieu Bonhomme est riche d’un beau parcours d’auteur, de L’Âge de raison à Messire Guillaume, du Marquis d’Anaon à Texas Cowboys ou à sa version très personnelle de Lucky Luke. Et son dessin, à la fois rude et empreint de douceur, traduit bien le réalisme des situations vécues comme la poésie qui imprègne par moments le récit. On peut lire Esteban comme une grande saga d’aventure, comme un roman d’initiation ou comme un témoignage sur l’évolution de la pêche à la baleine au début du XXe siècle, mais aussi comme un bel hommage rendu à la force de l’amitié et à la toute-puissance de l’imagination.

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