Orbital

Le monde aura-t-il évolué au vingt-troisième siècle ? Pas sûr... Une série d’anticipation dont les thèmes évoquent, comme en écho, quelques-unes des préoccupations au cœur de l’actualité contemporaine.

En cette fin du vingt-troisième siècle, le monde n’a plus rien à voir avec celui que nous connaissons. À Prague, en 2278, un gigantesque dôme accueille 120 000 spectateurs venus assister à la Conférence mondiale en faveur du « Oui » confédéré. Elle doit décider du ralliement de la Terre à la Confédération, cet organisme qui réunit 781 espèces issues de toute la galaxie. Mais un attentat organisé par un mystérieux commando fait exploser le dôme, mettant fin de manière prématurée à cet événement politique de premier plan.

Quinze ans plus tard, un jeune homme qui a vécu ce drame en direct est le premier humain à intégrer l’Office Diplomatique International (ODI), une sorte d’ONU des temps futurs. Il se nomme Caleb Swany. Il fait équipe avec Mézoké Izzua, un représentant du peuple Sandjarr. Peut-être faut-il d’ailleurs dire « une représentante ». Non parce que Mézoké est doté(e) d’une silhouette plutôt féminine, mais parce que les Sandjarrs ne dévoilent pas leur appartenance sexuelle. Cette association prend des allures de symbole : les Sandjarrs ont failli disparaître après avoir été agressés par les Terriens. Et ceux-ci ne sont pas tenus en grande estime dans les hautes sphères de l’ODI.

Anticipation et géopolitique

En réalité, le monde du vingt-troisième siècle n’a pas tellement changé. C’est ce que laisse entendre cette série d’anticipation dont les sources d’inspiration sont variées. À commencer par Valérian et Laureline, la saga créée par Christin et Mézières. Mais l’optimisme qui imprégnait les aventures de ces deux agents spatio-temporels n’est plus vraiment au programme dans Orbital. L’univers imaginé par Runberg et Pellé reflète plusieurs de nos préoccupations contemporaines, à commencer par le fameux « vivre ensemble ». Demain comme aujourd’hui, il semble constituer un vœu pieu. Et les Terriens comme les Aliens ont bien du mal à dépasser leurs antagonismes et leurs préjugés pour vivre en harmonie avec les autres espèces. Avec son graphisme qui rappelle celui d’Enki Bilal à ses débuts, lorsqu’il était encore influencé par Moebius, Orbital évoque des thèmes comme la géopolitique, le rejet de l’immigration, le conflit entre les intérêts économiques et l’environnement ou le racisme. Mais le propre d’une bonne histoire de science-fiction n’est-il pas de parler autant du présent que du futur ?

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