Fenêtres sur le Japon en mangas : d’hier à aujourd’hui

Fenêtres sur le Japon en mangas : d’hier à aujourd’hui

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Japon en mangas

Présenté par Haxseto

La découverte du Japon se fait souvent à l’aide d’images exotiques comme un torii, une maison en bois, un futon, l’uniforme des écoles… Souvent qualifié de pays « entre tradition et modernité », qu’est-ce qui fait réellement le quotidien des japonais ?
Cette sélection de mangas propose de mettre en avant la vision des auteurs sur leur pays. Chacun à sa façon dépeint des tranches de vie : parfois de manière biographique, comme Elle s’appelait Tomoji, Une sacrée mamie, ou Daisy, Lycéennes à Fukushima. Parfois pour dénoncer la société japonaise en espérant faire bouger les lignes, comme Solanin, le mari de mon frère ou De l'autre côté de l'horizon. Laissez-vous porter par ces quotidiens simples dans Kamakura Diary ou violents dans Une femme de Shôwa et Ushijima, usurier de l’ombre. Mon choix s’est centré sur les ères Heisei et Shōwa (voir encadré), en commençant par les œuvres les plus récentes (avec un mode de vie plus proche du nôtre), et s'en éloigne petit à petit pour mieux comprendre les fondations de la société japonaise actuelle.
Cet Univers constitue autant de fenêtres sur le Japon qu’il y a de scénaristes / dessinateurs. Il vous fera rire, réfléchir et parfois pleurer, mais vous donnera quelques clés de compréhension de ce beau pays.
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De l'Autre côté de l'horizon

De l'Autre côté de l'horizon - Hinata Nakamura, 2018, Delcourt
Miyake Asuka est un jeune salaryman tokyoïte. Il s’investit énormément dans sa société, et finit par obtenir une promotion. Cependant, il s’aperçoit qu’il n’est pas heureux dans son travail, que ses loisirs sont sans saveurs et s’écroule, victime d’un burn-out. Sans trop savoir pourquoi, il accepte de devenir le directeur d’un bureau de poste sur une petite île. Cela va lui permettre de (re)découvrir les petits plaisirs de la vie, et de se (re)découvrir lui-même.Le ton du manga est apaisant, montrant ainsi le  lâcher-prise de Miyake. Il rencontre sur place des lycéennes qui, comme lui  auparavant, ne pensent qu’à quitter leur ville natale pour « monter à la  capitale ». Saura-t-il les empêcher de faire les mêmes erreurs que lui ?
#Reconversionprofessionnelle #Critiquesociale
De l'Autre côté de l'horizon - Hinata Nakamura, 2018, 3 tomes aux éditions  Delcourt
De l'Autre côté de l'horizon
De l'Autre côté de l'horizon - Hinata Nakamura, 2018, Delcourt

Le Mari de mon frère

Le Mari de mon frère - Gengoro Tagame, 2014, Editions Akata
 Yaichi est un jeune papa élevant seul sa fille Kana. Son quotidien est perturbé par le débarquement, chez lui, de Mike. Ce dernier s’avère être le mari de son frère jumeau, avec qui il n’avait plus de contact depuis des années. Mike a décidé de se rendre au Japon suite au décès de son mari, afin de découvrir où a vécu l’homme qu’il aimait. Pour Yaichi, qui ne se voit pas refuser l’hospitalité, beaucoup de principes sont remis en question. La fraîcheur et l’innocence de la petite Kana, ravi de se découvrir un tonton canadien, permet de décomplexer les relations. D’un côté Yaichi ne sait pas comment se comporter face à ce beau-frère homosexuel, et de l’autre Mike ne sait pas comment réagir correctement pour ne pas froisser les Japonais qui l’entourent. Le dessin sans fioriture permet à ce titre d’être accessible par le plus grand nombre.
#Homosexualité , #Différenceculturelle
Le Mari de mon frère - Gengoro Tagame, 2014, 4 tomes aux Editions Akata
Le Mari de mon frère
Le Mari de mon frère - Gengoro Tagame, 2014, Editions Akata

Vivre avec les tremblements de Terre

Le Japon est proche de quatre plaques tectoniques. Cette situation géographique particulière lui vaut d’être habitué à vivre avec les tremblements de terre (le plus ancien enregistré date de l’an 684 de notre ère). Ses habitants ont donc appris à construire des infrastructures pouvant résister aux fortes secousses, faisant de ce pays l’un des endroits les plus sûrs en cas de séisme.  Les systèmes d’alerte sont omniprésents : tous les téléphones mobiles au Japon sont capables de réceptionner ces alarmes. Des milliers de secousses d’intensité variable sont ressenties au Japon chaque année. Les conséquences, parfois traumatisantes, sont bien évidemment traitées dans la littérature. Voici quelques-uns des séismes les plus meurtriers et leur évocation en mangas :

1er septembre 1923 : le séisme de Kantō, d'une magnitude de 7,9, qui fit plus de 100 000 morts et occasionna la destruction par un incendie de la plupart des maisons en bois. Aperçu dans le manga « Elle s’appelait Tomoji ».

28 juin 1948
: le séisme de Fukui, d'une magnitude de 7,3, qui fit 5 131 morts.

17 janvier 1995 : le séisme de Kōbe, d'une magnitude de 7,2, qui fit 6 437 morts et 43 792 blessés. L’un des sujets du manga « Moving Forward » (également sur izneo).

11 mars 2011 : le séisme de Tōhoku au large de Sendai, d'une magnitude de 9,0, qui fit plus de 18 000 morts et disparus. Le principal sujet du manga « Daisy, lycéennes à Fukushima »

Daisy, Lycéennes à Fukushima

Daisy, Lycéennes à Fukushima de Reiko MOMOCHI (2012), éditions Akata
Daisy est le nom d’un groupe de musique composé de quatre filles en terminale dans la ville de Fukishima. Nous faisons leur connaissance mi-avril 2011, soit 1 mois après la triple catastrophe qui a frappé le Japon. C’est pour elles la rentrée scolaire, une année importante, car elle doit déterminer leur orientation pour les études supérieures. Mais comment se projeter dans l’avenir quand on ne sait pas exactement ce que l’on subit au jour le jour ?L’histoire a été construite à partir d’entretiens réalisés sur place. Derrière ces témoignages bouleversants, les notes d’espoirs s’égrènent pour un avenir meilleur. Ce diptyque est indispensable pour comprendre l’impact de cette catastrophe sur les jeunes de la région. N’hésitez pas à le découvrir, le tome 1 s’achève sur une petite conclusion (pas de cliffhanger donc).
#Témoignage, #TrancheDeVie
Daisy, Lycéennes à Fukushima de Reiko MOMOCHI (2012), 2 tomes aux éditions Akata
Daisy, Lycéennes à Fukushima
Daisy, Lycéennes à Fukushima de Reiko MOMOCHI (2012), éditions Akata

Silver Spoon, la cuillère d’argent

Silver Spoon, la cuillère d’argent de Hiromu ARAKAWA (2011), éditions 12-21
En arrivant au lycée agricole Ohezo, Yûgo Hachiken pensait terminer premier haut la main. Mais il va vite déchanter : se lever tôt pour s’occuper des animaux, comprendre comment est produite la nourriture et ce que deviennent les animaux « si la production baisse trop ». Bref, son quotidien dans ce pensionnat s’avère bien plus dur qu’il ne l’imaginait.

Écrit par l’autrice de Fullmetal Alchemist (née dans une famille d’agriculteurs), cette série est remplie de « bon sens paysan » et d’informations sur l’agriculture japonaises (le lycée Ohezo est fortement inspiré d’un lycée réel). Le décalage entre le citadin Yûgo et ses camarades, qui ont tous un rêve lié à l’agroalimentaire, est dépeint avec beaucoup d’humour. La série, bien qu’étant pédagogique, est principalement centrée sur le développement personnel de Yûgo, et sait se renouveler pour surprendre le lecteur.
#Agriculture
Silver Spoon, la cuillère d’argent de Hiromu ARAKAWA (2011), 15 tomes aux éditions 12-21
Silver Spoon
Silver Spoon, la cuillère d’argent de Hiromu ARAKAWA (2011), éditions 12-21

Solanin

Solanin de Inio ASANO (2005), éditions Kana

Meiko Inoue et Naruo Taneda se sont rencontrés au lycée. Depuis un an, elle est salariée dans une société, et lui se contente de petites missions d’illustration peu lucratives en attendant le succès de son groupe de musique. Meiko, qui s’ennuie dans sa routine, décide de quitter son travail pour partir à la recherche du bonheur. Quel impact cela aura-t-il sur leur couple ? Faut-il forcément renoncer à ses rêves d’enfant pour devenir un adulte responsable ? Comment supporter une routine que l’on n’a pas choisie ? Nous suivons le quotidien de ce jeune couple représentatif du malaise de la jeune urbaine.

Beaucoup d’émotions dans ce récit réaliste d’Inio Asano, où la jeunesse tokyoïte du début du XXIème siècle souffre d’un quotidien précaire.
#JeuneAdulte #DébutDeVieActive
Solanin de Inio ASANO (2005), 2 tomes aux éditions Kana
Solanin
Solanin de Inio ASANO (2005), éditions Kana

La Religion au Japon

Le shintoïsme (littéralement la voie du divin) est un ensemble de croyances vénérant les kamis. Le terme « shintō » est apparu pour différencier cette vieille religion du bouddhisme importé de Chine au Japon au VIe siècle.
La majorité des japonais pratiquent plusieurs religions. Une même personne peut aller prier au sanctuaire shintō au Nouvel An japonais pour attirer le bonheur sur cette nouvelle année et avant les examens d'entrée à l'école pour espérer leur réussite, avoir un mariage chrétien dans une église, et des funérailles dans un temple bouddhiste.
Un peu de vocabulaire pour s’y retrouver dans les mangas :
 Un kami est une divinité qui peut être un élément de la nature (une cascade, une montagne…), un animal (un renard, un tanuki…) ou une personne décédée (un ancêtre, un empereur). Ils sont vénérés et respectés. La présence d’un kami peut être symbolisée par un gohei, constitué de deux bandes de papier pliées en zigzag (par exemple autour d’un arbre centenaire).
Le temple étant réservé à la pratique du bouddhisme, on parle d’un sanctuaire shintō. Il est le domaine d’un kami. L’entrée d’un sanctuaire est symbolisée par un torii, un portail sacré constitué de deux linteaux qui marque la frontière entre le pur et l’impur.

Kamakura Diary

Kamakura Diary de Akimi YOSHIDA (2007), éditions Kana

Sachi (29 ans), Yoshino (22 ans) et Chika (19 ans) sont trois sœurs qui vivent dans la maison familiale. Sachi travaille dans un hôpital, et s’avère être la plus mature des trois. Yoshino travaille pour une compagnie d’assurance. Elle ne sait pas choisir ses mecs et finit par noyer son chagrin dans l’alcool. Quant à Chika, c’est un vrai garçon manqué. Quand elles apprennent le décès de leur père, qu’elles n’ont pas vu depuis quinze ans, elles décident d’être quand même présentes à son enterrement. Elles y découvriront une demi-sœur, Suzu (14 ans), qui semble avoir été privé de son enfance tant elle est mature. Celle-ci acceptera la proposition qui lui sera faite de venir vivre avec ses demi-sœurs. Chacune à son tempérament, ses forces et ses faiblesses. Nous suivons l’évolution de leur caractère au gré des épreuves de leur vie. Les personnages sont très bien décrits, on s’y attache très vite et on vit avec elle dans la ville contemporaine de Kamakura.
# TrancheDeVie # Famille
Kamakura Diary de Akimi YOSHIDA (2007), 9 tomes aux éditions Kana
Kamakura Diary
Kamakura Diary de Akimi YOSHIDA (2007), éditions Kana

Ushijima, usurier de l’ombre

Ushijima, usurier de l’ombre de Shôhei MANABE (2004), éditions Kana

Ushijima est un yamikin, c’est-à-dire un usurier travaillant pour le compte de yakusas. Bien qu’étant le protagoniste principal de ce manga, ce n’est pas son quotidien qui est raconté. C’est celui des personnes qui, pour une raison ou une autre, sont tombées dans le surendettement. Trentenaire accro au pachinko, office lady ruinée par des achats compulsifs… tous se retrouvent acculés pour rembourser leurs dettes. Ushijima leur prêtera de l’argent que s’il a la garantie d’un remboursement, que ce soit par la famille ou en ayant recours à la prostitution. Une vision froide, mais inspirée de faits réels. La déchéance humaine y est représentée de façon réaliste, et donc parfois violente. Âme sensible s’abstenir. Pour les autres, foncez découvrir cette œuvre forte de Shôhei Manabe.
#SociétéDenBas, #Surendettement
Ushijima, usurier de l’ombre de Shôhei MANABE (2004), 46 tomes aux éditions Kana
Ushijima, usurier de l’ombre
Ushijima, usurier de l’ombre de Shôhei MANABE (2004), éditions Kana

Le Calendrier japonais

Le calendrier grégorien que nous utilisons en France a été créé en 1579. Il s'est répandu dans tous les pays du monde jusqu'au milieu du XXe siècle. Le Japon, quant à lui, a instauré en 645 un calendrier basé sur les ères impériales japonaises (inspiré par la Chine où ce système n'existe plus). Aujourd'hui encore, ce calendrier est utilisé entre autres par l'administration japonaise, même si le calendrier grégorien est de plus en plus présent.

Il en va de même dans les mangas, où les plus anciens font très souvent référence à ces dates qui ne nous sont pas familières. Correspondant aux années de règnes d'un empereur sans en porter le nom, voici un repère pour vous y retrouver :

1912 - 1926 : Ère Taishō « ère de grande justice »
1926 - 1989 : Ère Shōwa « ère de paix éclairée »
1989 - 2019 : Ère Heisei « ère de l’accomplissement de la paix »
2019 - ???? : Ère Reiwa « ère de la belle harmonie »

Une Femme de Shôwa

Une femme de Shôwa de Kazuo KAMIMURA et Ikki KAJIWARA (1977), éditions Kana

Shôko Takano est née pendant la seconde guerre mondiale d'une geisha et d’un homme de lettres. Celui-ci, critiquant le gouvernement en place, est obligé de fuir. La mère de Shôko, torturée par la police spéciale, succombe à ses blessures lors d’un bombardement. Orpheline, la petite fille devient vagabonde et apprend à se débrouiller seule alors que le Japon, qui perd à ce moment-là la guerre, se retrouve occupé par les Américains. Comment survivre lorsque l’on est seule, et femme de surcroît ? L’ingénieuse Shôko saura saisir les opportunités qui s’offriront à elle, surtout si cela passe par des hommes qu’elle apprendra vite à manipuler.

Publiée initialement dans les années 1970, cette œuvre est un témoignage fort de l’après-guerre par des auteurs qui ont vécu cette période.
#Survie #VieDAprèsGuerre
Une femme de Shôwa de Kazuo KAMIMURA et Ikki KAJIWARA (1977), one-shot aux éditions Kana
Une femme de Shôwa
Une femme de Shôwa de Kazuo KAMIMURA et Ikki KAJIWARA (1977), éditions Kana

Une Sacrée mamie

Une sacrée mamie de Yôshichi SHIMADA et Saburô ISHIKAWA (2006), éditions Delcourt.

Peu après la Seconde Guerre Mondiale, Akihiro est un jeune garçon turbulent qui vit à Hiroshima avec sa mère et son frère. Mais celle-ci a du mal à joindre les deux bouts. À regret, elle est obligée de confier l’éducation de son cadet à sa mère, qui vit dans une campagne éloignée. Cette dernière vit également dans le quasi-dénuement, mais parvient à se débrouiller dans cet environnement dont elle maîtrise le moindre aspect. Du jour au lendemain, Akihiro se retrouve non seulement à devoir vivre avec sa grand-mère à la campagne, mais surtout aller à l’école sans avoir le ventre plein.

Sous les dessins de Saburô ISHIKAWA, Yoshichi SHIMADA met en scène sa propre enfance pauvre, mais pas dénuée de bonheur ! Chaque tome rapporte des tranches de vie indépendantes. C’est attachant et comique à la fois.
#Humour, #TrancheDeVie
Une sacrée mamie de Yôshichi SHIMADA et Saburô ISHIKAWA (2006), 11 tomes aux éditions Delcourt.

Une sacrée mamie
Une sacrée mamie de Yôshichi SHIMADA et Saburô ISHIKAWA (2006), éditions Delcourt.

Le Fleuve Shinano

Le fleuve Shinano de Hideo OKAZAKI et Kazuo KAMIMURA (1973), éditions Kana
Née au lendemain de la Première Guerre mondiale, Yukié Takano ne connaîtra jamais l’affection d’une mère. Elle cherchera à compenser cet amour auprès d’un jeune homme de son âge avant de l’abandonner, entraînée par la vie. Tel le fleuve Shinano à côté duquel elle grandit, elle traverse le pays et les événements historiques des années 30. Son destin tourbillonne avec les hommes qu’elle croise. Elle se montre imprévisible, se retrouve contrainte et ravage tout sur son passage. Son histoire est dramatique, violente, mais belle.

Cette œuvre, dessinée par Hideo OKAZAKI et scénarisée par Kazuo KAMIMURA est considérée par certains comme érotique. Mais le côté cru n’est là que pour mettre en exergue la bouleversante destinée de cette enfant née d’un adultère, persuadée de devoir en payer le prix.
#Années1930
Le fleuve Shinano de Hideo OKAZAKI et Kazuo KAMIMURA (1973), intégrale aux éditions Kana
Le Fleuve Shinano
Le fleuve Shinano de Hideo OKAZAKI et Kazuo KAMIMURA (1973), éditions Kana

Elle s’appelait Tomoji

Elle s’appelait Tomoji de Jirô TANIGUCHI (2014), éditions Rue de Sèvres.
L’histoire se déroule en grande partie dans un village au sud du mont Fuji. Nous y découvrons le quotidien de Tomoji Uchida, de sa naissance à ses vingt ans en l’an 7 de l’ère Shôwa (avril 1932).

Dans l’entretien en fin de volume, le mangaka Jirô Taniguchi explique qu’il a choisi de mettre en avant « le parcours de vie qui a façonné la personnalité de Tomoji ». Car c’est elle qui va fonder le temple bouddhiste Shôjushin, temple qui commanda au mangaka un album mettant en avant leur fondatrice. Un très bel ouvrage aux accents poétiques, qui privilégie les images au texte, et qui arrive parfaitement à retranscrire les sentiments de Tomoji au cours de sa jeunesse.
#Années1920, #Biographie
Elle s’appelait Tomoji de Jirô TANIGUCHI (2014), one-shot aux éditions Rue de Sèvres.
Elle s’appelait Tomoji
Elle s’appelait Tomoji de Jirô TANIGUCHI (2014), éditions Rue de Sèvres.