10 grands classiques du shôjo (de 2006 à nos jours)

10 grands classiques du shôjo (de 2006 à nos jours)

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Shôjo

Présenté par Sachan

Depuis 2006, on note une modification dans les thèmes abordés dans les mangas, ainsi que le ton employé. Il n’est plus rare de voir des handicaps mis au premier plan, tout comme des maladies mentales ou des victimes d'agressions. Des héros non-genrés ou bien les homosexuels ont le beau rôle, sans être stéréotypés, autrement que pour remplir un quota. Les romances sur fond d’intrigues sportives font leur retour après l’âge d’or des années 80, avec Waiting for Spring ou Running Girl. Mais c’est surtout le retour en force des mangas fantaisistes et humoristiques. De grandes fresques épiques se vendent comme des petits pains, tout autant que les péripéties de lycéennes qui ne se prennent pas au sérieux et cela malgré le grand nombre de volumes total de ces séries. Il n’est plus rare du tout de voir un homme lire ce genre d'œuvres, surtout avec des titres comme Skip Beat!, Le requiem du roi des Roses ou même Otomen, le premier succès d’Aya Kanno. Ce sont des shôjos qui effacent la ligne de démarcation avec le shônen, un peu comme Sailor Moon auparavant. 
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Switch Girl (2006)

Switch Girl
Croyez-vous réellement qu’une demoiselle est H24 sur son 31, même chez elle ? Nika vous prouve le contraire, car la plus belle fille du lycée, celle qui est à la pointe de la mode, est en réalité comme tout le monde. Une fois rentrée, elle se démaquille et se met en jogging. Celle qui cultive son identité depuis des années va voir son plan s’effondrer lorsque le petit nouveau du lycée emménage à côté et découvre le pot aux roses. Entre humour et romance, Aida Natsumi nous régale avec Switch Girl qui est un des plus grand succès de ces 20 dernières années. Elle a remis au goût du jour les intrigues sans queue ni tête et les personnages complètement chtarbés. Mais si jamais vous avez peur de vous lancer dans l’aventure qui se conclut en 25 tomes, tentez votre chance avec le drama qui est disponible en France et vraiment très bien réussi !
Switch Girl
Switch Girl

Aida Natsumi : L’experte des shojos loufoques

Révélée en 2006 par Switch Girl!, Aida Natsumi a commencé sa carrière en 2001 en publiant divers oneshot dans le magazine Margaret. Virgin Complex et C.L.A.S.S. ont été édités chez nous après coup et n’ont pas encore le style graphique, ni l’ambiance absurde qui font la renommée de la mangaka. Ugly Princess est le second succès international de l’auteure, même si la série plus courte (7 tomes) n’aura pas autant fait l’unanimité. Elle est d’ailleurs actuellement de retour en France avec une duologie, Analog Drop, qui critique de façon acerbe les réseaux sociaux et rend hommage aux années 80. Malheureusement, il n’y a aucune information quant à de nouvelles séries prochaines de sa part. En attendant, vous pouvez toujours vous rabattre sur les séries de Higashimura Akiko et Tsubaki Izumi, qui écrivent des shôjos assez similaires, où l’importance est donnée à l’humour plutôt qu’à la romance.

Aida Natsumi

Maid Sama (2006)

Maid Sama  Hiro Fujiwara  Maid café
Shôjo assez classique dans son intrigue et avec un bishounen bad boy charismatique en intérêt romantique, Maid Sama! a bénéficié d’une version animée de très bonne qualité qui a boosté les ventes au Japon et rendu essentielle sa sortie assez rapide en France. On suit donc Ayuzawa Miyuki qui est la Présidente du conseil des élèves d’un lycée composé à 80% de garçons. Belle, gentille, douée en sports et pour les études, elle est à la fois adorée par ses camarades de classe et ses professeurs, même si elle est craint par la gente masculine. Mais cette jeune fille cache un énorme secret : elle travaille dans un maid café afin de subvenir aux besoins de sa famille. Manque de bol, son grand rival, Usui Takumi, découvre la vérité et contre toutes attentes décide de la soutenir. Commence alors une étrange amitié qui va rapidement se transformer en quelque chose de plus. Long de 18 volumes, le succès est tel que Hiro Fujiwara a sorti un opus supplémentaire qui n’est malheureusement pas disponible en France.
Maid Sama
Maid Sama  Hiro Fujiwara  Maid café

Shirayuki aux cheveux rouges  (2006)

Sorata Akizuki Shirayuki aux cheveux rouges
Shirayuki est une jeune arboriste de talent qui sort du lot avec ses cheveux rouges comme les pommes, ce qui va malheureusement attirer le regard du Prince du royaume, Raji. Refusant de l’épouser, la jeune femme fuit son pays, tombant sur Zen et ses compagnons. Elle leur vient en aide, ignorant que Zen est lui aussi un prince. Une étrange amitié va naître en eux, devenant peu à peu un amour qui va changer le cours de l’Histoire. Portée par une excellente adaptation animée signée Bones en 2015, ce shojo fantasy qui revisite l’histoire de Blanche Neige va être un énorme carton international. Toujours en cours de publication à l’heure actuelle, la série ne s'essouffle pas malgré ses 23 tomes, passionnant autant les filles que les garçons grâce à des combats épiques, des personnages charismatiques et une romance incroyable. Shirayuki aux cheveux rouges est la première série longue de Sorata Akizuki, mais surtout sa première œuvre tout court, ce qui montre à quel point le succès a été immédiat dès 2006.
Shirayuki aux cheveux rouges
Sorata Akizuki Shirayuki aux cheveux rouges

Dengeki Daisy (2007)

Dengeki Daisy Kyousuke Motomi
Kyousuke Motomi aura laissé planer le doute pendant presque 10 ans sur sa véritable identité, est-ce réellement un homme qui est si prolifique dans le monde du shojo depuis le début des années 2000 ? Mais le succès de Dengeki Daisy est tel, que des dédicaces sont réclamées par les fans et le pot aux roses révélé. C’est une femme qui est à l’origine de tout ces mangas plus ou moins cultes, mais surtout la mère du duo Teru-Kurosaki. Teru se retrouve seule au monde après le décès de son frère mais ce dernier avait tout prévu, y compris un téléphone avec le numéro de “Daisy”. Débute alors un long échange de messages entre la jeune fille et cet inconnu, un lien fort les unissant au fil des conversations. Teru arrive à surmonter le pire grâce à la présence de Daisy, mais cela ne risque pas d’être suffisant au lycée, où elle est la victime du BDE et le larbin du concierge, Kurosaki. Sur fond d’humour, d’enquête et d’amour, on savoure chaque tome de la série qui est un véritable bijou.
Dengeki Daisy
Dengeki Daisy Kyousuke Motomi

Chihayafuru (2007)

Chihayafuru
Probablement le plus gros succès du shôjo de ces dernières années, Chihayafuru a une fan base principalement masculine et beaucoup ignorent que c’est un shôjo à l’origine. Publié dans le Be Love, un petit magazine de la Kôdansha, le manga de Yuki Suetsugu a gagné de nombreux prix au fil des années. Mais il a surtout réussi le miracle de ramener le “karuta”, un jeu de cartes traditionnel japonais, sur le devant de la scène. La popularité de Chihayafuru est telle qu’il existe maintenant des compétitions internationales, mais aussi un anime et des live actions. Tout commence lorsque Chihaya qui en a marre d’être l’ombre de sa sœur, rencontre Arata, un joueur de karuta de son âge et se prend de passion pour ce jeu dont elle est persuadée d’avoir du talent. Avec son nouvel ami, ainsi que Taichi, un ami d’enfance, le bonheur est de courte durée puisqu’ils se retrouvent séparés, avec des projets d’avenir bien différents. Pourtant la jeune fille va persister dans sa volonté de devenir la numéro 1 du karuta. Les aventures de Chihaya, Arata et Taichi ont marqué toute une génération et ce n’est pas prêt de s’arrêter puisqu’on en est déjà au 43ème tome !
Chihayafuru
Chihayafuru

Strobe Edge (2007)

Strobe Edge Sakisaka Io  shojo
Difficile de ne choisir qu’une œuvre pour Sakisaka Io tellement elle a marqué le monde du shôjo ces quinze dernières années. Mais le manga qui l’a révélé aux yeux du monde est sans contexte Strobe Edge. Publié entre 2007 et 2010 dans le Bessatsu Margaret, ce triangle amoureux lycéen a réussi à renouveler le genre qui était bien trop vieillissant. On y suit Ninako, une lycéenne plutôt lambda, qui tombe amoureuse de Ren, le plus beau garçon du lycée, mais celui-ci ayant déjà une petite-amie, elle décide de ne pas forcer les choses. Son caractère mignon et maladroit attire les garçons, y compris son meilleur ami Daichi, et Ren qui à force de la côtoyer va tomber sous son charme. Avec énormément de quiproquos et de chaises musicales amoureuses, les adolescents vont en voir de toutes les couleurs au fil des 10 volumes de la série. Bien que cela peut paraître frivole, léger, des thèmes assez durs comme l’infidélité, le divorce ou les difficultés de la vie dans le showbusiness. 
Strobe Edge
Strobe Edge Sakisaka Io  shojo

Sakisaka Io : La valeur sûre des romances lycéennes

Sakisaka Io  signature
Ces dernières années, les romances lycéennes ont le vent en poupe et on doit cette popularité principalement à deux auteures très prolifiques dans ce sous-genre du shôjo : Aikawa Saki et Sakisaka Io. Uniquement pré-publiée dans le magazine Bessatsu Margaret, Sakisaka Io débute sa carrière en 2001 avec Call My Name, le premier d’une série de mangas courts qui ne marqueront pas les esprits. Puis en 2006, elle sort Blue, une romance en un seul tome qui jongle entre amour interdit et mystère, mais surtout son style graphique s’affirme. L’année suivante, c’est la consécration avec Strobe Edge, sa première série longue, succès reconduit avec Blue Spring Ride, qui pour beaucoup est sa série de référence. Elle connaitra ensuite deux années plus calmes, où elle signe notamment le chara design du film d’animation HAL, avant de revenir sous les feux des projecteurs avec Love, Be Loved, Leave, Be Left en 2015. Ce nouveau shôjo lycéen s’est conclu en 12 volumes l’an passé, avec une relative popularité. Pourtant Sakisaka-sensei ne se repose pas sur ses lauriers puisqu’elle est repartie pour un tour avec Sakura, Saku, une énième romance scolaire qui a débuté il y a quelques semaines à peine et semble énormément plaire au Japon. Alors peut-être n’aurons-nous pas trop longtemps à attendre pour voir ce shôjo arriver chez nous !

Image: Signature de Io Sakisaka (29 août 2018) Attribution -Zest, Public domain, via Wikimedia Commons
Sakisaka Io
Sakisaka Io  signature

Princess Jellyfish (2008)

Princess Jellyfish Akiko Higashimura
Princess Jellyfish est un cas assez particulier puisqu’il est catalogué en tant que “shôjo” en France, alors qu’il a été pré-publié dans le Kiss, un magazine spécialisé dans le “josei” au Japon. Les aventures de Tsukimi et des “amars” ont déchaîné les passions dans les années 2010, notamment grâce à un très bon drama. Tsukimi qui est passionnée par les méduses vit en colocation avec d’autres demoiselles qui sont des otakus bien particulières elles aussi. Ne faisant pas du tout attention à leur physique, fuyant tout ce qui est beau et normal, elles ont vraiment du mal à s’intégrer à la société. La rencontre de Tsukimi avec Kuranosuke, un travelo passionné de maquillage et de couture, va absolument tout changer pour ce groupe détonnant. Elles vont peu à peu s’ouvrir au monde, tout en s’acceptant et découvrant l’amour. Cette histoire d’Akiko Higashimura est complètement folle, le dessin particulier est une force de ce manga, qui peut déboussoler à prime abord, mais une fois qu’on le dépasse, on savoure ce condensé de n’importe quoi.
Princess Jellyfish
Princess Jellyfish Akiko Higashimura

L'arcane de l'aube (2009)

L'arcane de l'aube Toma Rei
Nakaba, une jolie rousse au caractère bien trempée, a dû épouser Ceasar, le Prince du Royaume voisin, afin de signer une trêve. La jeune fille a clairement été vendu par les siens et ce n’est pas étonnant au vu de son passé, puisqu’elle est le fruit de l’union de l’ancienne Princesse de Senan et un serviteur, d’où sa crinière flamboyante qui jure avec les cheveux noirs de la royauté, prouvant la pureté de leur lignée. Elle va pouvoir compter sur la présence de Loki, un demi-humain mi-loup, pour survivre en territoire ennemi. Ce shojo de pure fantasy est un véritable bijou à ne pas manquer, surtout pour les personnes qui sont en manque de Game of Thrones. L’intrigue de L’Arcane de l’aube est très intéressante avec univers riche passionnant, ce n’est pas seulement des oppositions entre pays, mais aussi entre races et religions. Le dessin de Toma Rei est sublime, rendant la lecture des plus agréables, et il est dommage que sa dernière série qui est dans un ton similaire à L’Arcane de l’aube ne soit pas disponible en France.
L'arcane de l'aube
L'arcane de l'aube Toma Rei

Mon Histoire (2011)

Mon Histoire Kazune Kawahara Aruko judo
Takeo n’a rien d’un apollon contrairement à son meilleur ami Sunakawa. Imposant, star du judo, adulé par les garçons de son âge, ce garçon au grand cœur est le premier à venir en aide aux autres et c’est ainsi qu’il fait la rencontre de Rinko, lorsqu’elle se fait tripoter par un pervers dans le train. La jeune fille a le coup de foudre pour lui et se déclare immédiatement, changeant radicalement le quotidien de Takeo, mais aussi la façon dont les autres le percevaient. Mon Histoire est un succès inattendu dans le monde du shôjo puisque c’est un garçon qui est le protagoniste de cette série. Autre fait qui sort du moule, c’est un duo de mangakas, plutôt réputées d’ailleurs, qui sont à l’origine du shôjo. C’est Kazune Kawahara qui est au scénario (connu pour Aozora Yell) et Aruko qui s’occupe du dessin qui commençait à se faire un nom avec divers oneshots. Véritable ode à la différence et la tolérance, il est vraiment touchant de suivre l’évolution de Takeo et ses proches.
Mon Histoire
Mon Histoire Kazune Kawahara Aruko judo

Orange (2012)

Orange Takane Ichigo
Contrairement aux autres titres de la sélection qui sont des séries d’au moins 10 volumes, Orange se démarque par le fait qu’il ne fasse que 5 tomes. Il y a aussi un opus supplémentaire comprenant une fin alternative, qui a été créée par Takane Ichigo plus d’un an plus tard. Ce shôjo choc a su marquer les esprits très rapidement et en peu de pages, malgré une parution des plus mouvementée. L’histoire poignante de Naho qui reçoit une lettre de son “elle” futur afin de sauver son amour sort des sentiers battus. Des thèmes vraiment durs sont abordés comme le suicide, les violences psychologiques et le regret de ne pas avoir pu intervenir. Malgré la touche de science-fiction présente grâce au voyage dans le temps, cela reste tout de même crédible et on s’identifie très facilement aux différents personnages. Orange s’est depuis étendu à d’autres échelles dont une version Light Novel éditée en France, un animé qui a été le succès de l’été 2016 et un film live sorti pour Noël en 2015.
Orange
Orange Takane Ichigo

Takano Ichigo : La tête d’affiche de la relève

Jeune auteure de manga, Takano Ichigo a débuté sa carrière en 2002 avec l’histoire courte Start dans le magazine Bessatsu Margaret. Elle y publie plusieurs séries courtes pendant 6 ans avant d’obtenir l’opportunité de se lancer dans quelque chose de plus conséquent avec Dreamin Sun’. Ce shôjo en 10 volumes aura un succès assez important, tel qu’il aura une réédition deluxe en 2015. Elle enchaîne immédiatement avec sa série phare qui est Orange, mais rien ne se passe bien. La série est annulée en à peine quelques mois pour des raisons encore inconnues. Takano-sensei se remet en question et pense même à changer de métier, mais un miracle se produit avec le magazine Manga Action qui lui propose de reprendre Orange. Le succès est immédiat et le manga gagne des prix à foison. En parallèle, elle commence ReCollection qui sera malheureusement annulé à son tour. Elle se consolera avec la publication de la fin alternative d’Orange en 2017, puis avec Be Yourself qui est toujours en cours actuellement. Le chemin parcouru par Takano Ichigo n’a pas été le plus simple, mais elle s’est toujours relevée, ce qui a inspiré la nouvelle génération de mangaka.

Takano Ichigo

Des classiques en devenir

Depuis 2016, certaines nouvelles séries commencent à battre des records de vente au Japon et sont très souvent récompensées par des prix prestigieux. Très attendus en France, ils sont parfois portés par un anime de qualité, un drama ou un film qui ont eu un succès inattendu. Ces shôjos toujours en cours de publication sont clairement la nouvelle génération de classiques du genre !